jeudi 18 octobre 2007

Chronique: Le train entre en Gare

Le Train entre en Gare

Lorsque le sifflement de la Locomotive résonne pour la première fois le long du ruisseau Noir, un jour de décembre 1892, la population de Saint-Jovite éprouve une joie immense, mêlée de soulagement. Ce train à vapeur qui relie désormais Saint-Jovite à Montréal, voilà près de Vingt ans qu’on l’attend, que le Curé Labelle le promet, que le projet annoncé s’éteint puis renait de ses cendres au grès des discours des financiers et des homme politiques.

Fondé deux décennies auparavant par des colons venus de sainte-Agathe, le petit village de saint-Jovite à vécu jusque là dans un isolement presque total. Grâce au train, tous les espoirs sont désormais permis. « Il me semble, écrit un colon dans le journal Le Nord, que dans quelques années, ce sera dans nos montagnes comme autrefois dans la Californie, que des milliers de travailleurs viendront chercher fortune ». Finis l’isolement terrible et l’effrayant montée de chemin de la Repousse à Saint-Faustin. Dorénavant les habitant pourront acheminer leurs produits vers les marchés du sud, les marchands du village recevront rapidement leurs marchandises et l’on pourra se rendre en quelques heures à Saint-Jérome ou Montréal. Le train apporte aussi avec lui la magie du télégraphe, cette nouvelle invention qui permet de transmettre rapidement des messages à distances.

Si les rêves de prospérité fabuleuse tardent à se réaliser, les touristes, eux, descendront dès l’été suivant sur le quai de la gare. Aux chasseurs et aux pêcheurs des débuts se joignent à partir de 1905 les clients américains du Gray Rocks Inn, une auberge située au bord du lac Ouimet qui deviendra au fil des ans l’un des établissements hôteliers les plus cotés du pays et un pourvoyeur de chasse et de pêche renommé. Pendant des années des caisses remplies de quartier d’orignal et de chevreuil, de truites ou de brochets congelés se retrouve dans les hangars des marchandises de la gare, au milieu des pièces de machinerie agricole est des boites à chapeau des voyageuses. A partir des années trente, La gare de Saint-Jovite sort de sa torpeur hivernale pour accueillir les skieurs intrépides venu faire l’essai de la piste Maple Leaf ou du redoutable mont Tremblant.

Au va-et-vient des voyageurs et des marchandises s’ajoute enfin l’activité des entreprises forestières, qui ont établi leur quartier général à proximité de la gare.

Départs, arrivées, embrassades, retrouvailles : jusque dans les années cinquante, la gare de Saint-Jovite demeurera le lieu le plus animé du village, l’endroit ou tout peut arriver.

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